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Biographie Charles Baudelaire naît le 9 avril 1821. Son père meurt quand Charles a 6 ans. Un an plus tard, sa mère se remarie. Charles déteste son beau-père, qui représente pour lui un obstacle à tout ce qu’il aime. Sa mère et son beau-père veulent qu’il devienne ambassadeur, mais lui n’a qu’un rêve rebelle : devenir poète. Son beau-père l’envoie aux Indes, mais Charles s’enfuit du bateau qui l’y emmène. De retour à Paris, il rencontre celle qui deviendra sa muse : Jeanne Duval. Il réclame l’héritage de son père dont il reçoit une partie. Il dépense cet argent tellement vite que sa famille le place sous tutelle judiciaire. Fasciné par le monde des alcooliques et des prostitués, il imagine un grand recueil de poèmes dans lequel il pourrait exprimer la laideur de ce qui l’entoure. Celui-ci, appelé « Les Fleurs du Mal » parait en 1857 en 500 exemplaires. Il est tout de suite retiré de la vente. Charles se sent maudit. Vers 1860, il est atteint par la syphilis (MST). Pour échapper à l’enfer de sa vie, il consomme de l’opium. Il décrit les effets de cette drogue dans le recueil « Paradis artificiel ». Il meurt de la syphilis le 31 août 1867 et est enterré le 2 septembre au cimetière de Montparnasse. Après sa mort, son héritage littéraire est mis aux enchères. Michel Levy (éditeur) l’achète pour 1750 anciens francs. En 1868, on publie « le Spleen de Paris », aussi appelé « Petits poèmes en prose », à titre posthume. Abandonnant le vers traditionnel, Charles Baudelaire est devenu malgré lui le père de la poésie moderne ouvrant la voie à des poètes tels que Rimbaud ou Verlaine. Spleen Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l’horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ; Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant le mur de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris ; Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux, Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement Et de longs corbillards sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme ; l'espoir, Vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. Analyse du poème Ce poème est formé de cinq quatrains, c’est-à-dire que chaque strophe est formée de quatre vers. Ceux-ci sont en alexandrins. Les rimes sont embrassées. Il y en a autant de masculines que de féminines. Dans les 3 premiers quatrains, on pose le décor : un ciel bas et lourd, une terre humide et la pluie. On essaie de montrer une vision de cauchemar qui représente l’âme mélancolique du poète: ciel bas et lourd // pèse comme un couvercle // cachot humide // plafonds pourris // … Et aussi, les allitérations en « k », en « l » et « r », comme « couvercle », « hurlement », … L’espérance et l’angoisse se battent. C’est une bataille sans merci qui débouche sur la victoire de l’angoisse : Baudelaire est vaincu. L’angoisse est représentée par le ciel bas et lourd puis par la pluie. L’espérance est représentée par une chauve-souris qui est un animal aveugle : le combat est perdu d’avance. Le ciel bas et lourd représente aussi l’air lourd avant un orage. La mort est représentée par : - « Pèse comme un couvercle » : le couvercle d’un tombeau. - « De longs corbillards » : préparation à l’enterrement. - « Peuple muet » : peuple mort. La terreur est représentée par : « Gémissant, furie, affreux hurlement, vaincu, atroce, despotique, … Charles Baudelaire utilise les craintes réelles de l’homme pour accentuer sa tristesse. L’image finale est la victoire de l’angoisse, qui plante son drapeau noir, signe de victoire, sur le crâne incliné du poète, signe de mort ou de soumission. L'horloge horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible, dont le doigt nous menace et nous dit: "souviens-toi! les vibrantes douleurs dans ton coeur plein d'effroi se planteront bientôt comme dans une cible; le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse; chaque instant te dévore un morceau du délice a chaque homme accordé pour toute sa saison. trois mille six cents fois par heure, la seconde chuchote: souviens-toi! - rapide, avec sa voix d'insecte, maintenant dit: je suis autrefois, et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde! remember! souviens-toi! prodigue! esto memor! (mon gosier de métal parle toutes les langues.) les minutes, mortel folâtre, sont des gangues qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or! souviens-toi que le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi. le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi! le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide. tantôt sonnera l'heure où le divin hasard, où l'auguste vertu, ton épouse encor vierge, où le repentir même (oh! la dernière auberge!), où tout te dira meurs, vieux lâche! il est trop tard!" Analyse du poème ce poème est formé de quatrains, c'est-à-dire de quatre vers, qui sont eux-mêmes des alexandrins contenant chacun douze pieds. il n'y a que des rimes embrassées, il y a autant de rimes masculines que féminines, ce qui souligne le balancement qui rappelle le tic-tac d'une horloge, de même que les vingt-quatre vers du poème rappellent les vingt-quatre heures de la journée. le tout est d'ailleurs essentiellement consacré au temps, et l'on voit qu'il s'agit d'une des préoccupations premières du poète, qui l'angoisse tout particulièrement.en montrant que le plaisir est rongé par le temps qui passe et qu'il nous rappelle que nous sommes éphémères, baudelaire souligne que l'on ne peut vivre en paix, il effleure également l'idée de profiter de chaque seconde, et il rappelle que l'on ne peut lutter contre le temps, quoi que l'on fasse, il gagne toujours. enfin, dans le dernier quatrain, c'est le moment qui précède la mort et on remarque que notre vertu est vierge, inentamée, alors on se repentis mais il est bien trop tard. L'Ennemie Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils ; le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. voilà que j'ai touché l'automne des idées, et qu'il faut employer la pelle et les râteaux pour rassembler à neuf les terres inondées, où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux. et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve trouveront dans ce sol lavé comme une grève le mystique aliment qui ferait leur vigueur ? ô douleur ! ô douleur ! le temps mange la vie, et l'obscur ennemi qui nous ronge le cour du sang que nous perdons croît et se fortifie ! Analyse du poème ce poème est un sonnet suivant la forme : abab-abab-ccd-ede. charles baudelaire use d'ailleurs souvent de cette forme dans les fleurs du mal. l'ennemi, le titre du poème, représente le temps qui est pour le poète source d'angoisse consciente du temps qui passe.
ce poème s'articule autour d'une métaphore filée sur le thème des saisons et du climat : orage, soleils, l'automne, fleurs. etc le poète s'implique directement dans cette description et c'est de sa vie dont il décrit les étapes. la "jeunesse" (vers 1) du poète (premier quatrain) est comparée à un été bouleversé par les intempéries : "ténébreux orage" (vers 1) et "le tonnerre et la pluie" (vers 2).
ces premières années de vie se sont construites en ombres et lumières ("çà et là", "ténébreux", "brillant"), tantôt emplies d'élans d'espoir, mais vite accablées par le poids du spleen. le "jardin" (vers 4) est en fait le symbole des souvenirs et de la mémoire de cette période tumultueuse, mais c'est aussi le constat du travail accompli.
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