Exploration poétique
Jacques Prévert
proposé par Maelle - Mauro - Celine

                                                              Jacques Prévert

Jacques prévert est né en 1900. ce poète est un enfant heureux, gai mais n'aime ni les prêtres ni le pouvoir autoritaire ni la violence. a 7ans jacques débute l'école mais déteste rester des heures à ne rien faire et à écouter un maître ennuyeux. durant son enfance il accompagne son père chez les pauvres. a 9 ans il fait l'école buissonnière et s'instruit dans la rue. il se fait de nouveaux amis dont gavroche avec qui il fait les quatre cent coups. a 14 ans il quitte définitivement l'école et essaie de gagner sa vie. en 1920 il fait son service militaire, et dès qu'il le termine, il fréquente plusieurs libraires et rencontre plusieurs auteurs. a 24 ans jacques découvre avec intérêt la révolution surréaliste. c'est à 28 ans que jacques naît en tant qu'écrivain. la compétence de jacques est très reconnue par les professionnels du cinéma. en plus il écrit beaucoup de scénarios et de dialogues pour de nombreux films. en 1943 jacques épouse janine, qui l'année suivante donna naissance à michèle prévert. a 48 ans jacques tombe d'une fenêtre et en gardera des problèmes neurologiques. en 1955 il travaille une année à l'adaptation d'un  roman de victor hugo. le 11 avril 1977 jacques prévert meurt à la suite d'un cancer du poumon.

 

Les enfants qui s'aiment

les enfants qui s'aiment s'embrassent debout

contre les portes de la nuit

et les passant qui passent les désignent du doigt

mais les enfants qui s'aiment

ne sont là pour personne

et c'est seulement leur ombre

qui tremble dans la nuit

excitant la rage des passants

 leur rage, leur mépris, leur rire et leur envie

les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne

ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit

bien plus haut que le jour

dans l'éblouissante clarté de leur premier amour.

 

Ce poème est formé de 13 vers libres qui se terminent en rimes libres, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de rimes suivies par exemple en abba et qu'il n'y a pas de quatrain ou tercet.

Il y a des allitération en s et des en allitérations en r, m et p : on voit que le poète exprime l'amour dans la phrase « les enfants qui s'aiment s'embrassent debout »

Dans son poème, il donne raison aux jeunes gens amoureux qui ne font pas attention aux autres personnes: on le voit dans « mais les enfants qui s'aiment ne sont la pour personne et c'est seulement leur ombre qui tremble dans la nuit » .

 

Le Cancre

 

il dit non avec la tête

mais il dit oui avec le c?ur

il dit oui à ce qu'il aime

il dit non au professeur

il est debout

on le questionne

et tous les problèmes sont posés

soudain le fou rire le prend

et il efface tout

 les chiffres et les mots

les dates et les noms

les phrases et les pièges

et malgré les menaces du maître

sous les huées des enfants prodiges

 avec des craies de toutes les couleurs

sur le tableau noir du malheur

il dessine le visage du bonheur

 

Dans ce poème, le nombre de pieds varie pour chaque vers. mais par contre on retrouve une logique les 4 premiers vers ont des rimes embrassées, les trois derniers ont les mêmes rimes. dans les vers 1 et 4 il dit non à l'autorité, il dit non à l'injustice. dans les vers 2 et 3 il dit oui à la bonté, il dit oui à la justice. pour le vocabulaire il y a le cancre, un enfant n'écoutant pas et rêvant. prodige signifie exemplaire, là il est utilisé pour dire que les autres enfants sont très exemplaires, sages. les huées sont le brouhaha, les moqueries. il y a également deux métaphores à la fin du poème tel que : il donne un visage (réalité) au bonheur (idée) (vers 17) il donne la couleur noire (réalité) au malheur (idée) (vers 16) ce poème reflète les opinions de prévert par apport à l'autorité, l'école, la justice, les lois et les droits.

 

Le tendre et dangereux visage de l'amour

Le tendre et dangereux

visage de l'amour

m'est apparu un soir

après un trop long jour

c'était peut-être un archer

avec son arc

ou bien un musicien

avec sa harpe

je ne sais plus

je ne sais rien

toute ce que je sais

c'est qu'il m'a blessée

peut-être avec une flèche p

eut-être avec une chanson

tout ce que je sais

c'est qu'il m'a blessée

blessée au c?ur

et pour toujours

brûlante trop brûlante

blessure de l'amour.

 

Dans ce poème nous avons 20 vers libres et 6 syllabes par vers qui sont en rimes libres. Je constate que le langage poétique est majoritairement basé sur le mécanisme de répétition (par exemple : « brûlante trop brûlante, je ne sais plus je ne sais rien, peut-être avec une flèche peut-être avec une chanson, etc... ») on peut aussi voir qu'il y a des rejets à presque chaque ligne et qu'il y a très peu de mots par vers et que les rimes sont en majorité masculines (15 contre 5 féminines seulement).

Jacques Prévert donne plus ou moins deux visages humains à l'amour (il donne souvent des visages à ses poèmes):

 ? le bon coté [tendre] : un musicien avec sa harpe / une chanson (dans le sens de magnifique, mélodieux)

? le mauvais coté [dangereux] : un archer avec son arc / une flèche (dans le sens de blesser, faire du mal)

Ronsard
proposé par Adrien et David

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,

 Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,

Assise auprès du feu, dévidant et filant,

Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :

 « Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle ! »

 

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,

Déjà sous le labeur à demi sommeillant,

Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant,

Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serais sous la terre et fantôme sans os,

Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;

Vous serez au foyer une vieille accroupie,

 

Regrettant mon amour et votre fier dédain.

Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :

Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

 

Analyse du poème

Structure :

- 4 strophes formées de 2 quatrains et 2 tercets.

- 14 vers en alexandrin. c'est un sonnet.

rimes : 

- Rimes embrassées abba dans le 1er et 2ème quatrain. 

- Rimes plates cc pour les 2 premiers vers du 1er tercet.

- Rimes embrassées deed pour les 4 derniers vers du sonnet.

- Il y a plus de rimes masculines que féminines.

- Il y a 8 rimes pauvres, 4 rimes suffisantes et 2 rimes riches.

Allitérations :

L dans le 2ème quatrain et r dans le 1er tercet.

Assonances : 

- i dans le 1er quatrain.

- r et le son é dans le 2ème tercet.

Métaphores :

'' Fantôme sans os '' dans le vers 9 et ''Lesroses de la vie'' dans le vers 14.

 Sens du poème

Une image peu flatteuse :

Ce sonnet a été écrit pour Hélène, or Ronsard ne cherche pas à la célébrer mais lui renvoie plutôt une image peu flatteuse d'elle-même. Sa beauté n'apparaît qu'à l'imparfait ?'Ronsard me célébrait du temps que j'était belle'' dans le vers 4. Il ressort une certaine cruauté dans la façon qu'il a de faire envisager à Hélène sa vieillesse :'' Quand vous serez bien vieille'' au vers 1 et ?' vous serez au foyer une vieille accroupie'' au vers 11.

la précision de la scène :

Au vers 1, les circonstances ?'au soir'' et ?'à la chandelle'' permettent d'imaginer la scène ne maquant pas de douceur. En effet, l'heure choisie s'accorde avec l'âge et la chandelle.

Dans les vers 2 et 3, Ronsard décrit la vie d'Hélène comme ennuyeuse et monotone. Il sous-entend qu'elle n'a pas profité de sa jeunesse.

La présence du poète :

D'une part, Ronsard consacre à peu près autant de vers qu'à Hélène. D'autre part, il a soin de ne pas se mettre en scène au moment crucial de la vieillesse. De plus. Hélène n'est pas nommé dans ce poème.

conclusion : ce poème est une forme de provocation puisque ronsard se sert d'hélène pour donner une vision réaliste de son avenir mais il sous-entend qu'il faut profiter de la vie tant qu'il en est encore temps. hélène a beaucoup inspiré ronsard pour la plupart de ses sonnets.

 

 

 

 

poème:

j'ai l'esprit tout ennuyé

j'ai l'esprit tout ennuyé

d'avoir trop étudié

les phénomènes d'arate;

il est temps que je m'ébatte

et que j'aille aux champs jouer.

bons dieux ! qui voudrais louer

ceux qui, collés sur un livre,

n'ont jamais souci de vivre?

 

que nous sert l'étudier,

sinon de nous ennuyer?

et soin dessus soin accroître

a nous, qui seront peut-être

ou ce matin, ou ce soir

victime de l'orque noir?

de l'orque qui ne pardonne

tant il est fier, à personne.

 

corydon, marche devant;

sache où le bon vin se vend ;

fais rafraîchir la bouteille,

cherche une feuilleuse treille

et des fleurs pour me coucher.

ne m'achète point de chair,

car, tant soit-elle friande,

l'été je hais la viande;

 

achète des abricots,

des pompons, des artichauts,

des fraises et de la crème

c'est en été ce que j'aime,

quand, sur le bord d'un ruisseau,

je les mange au bruit de l'eau,

etendu sur le rivage

ou dans un antre sauvage.

 

ores que je suis dispos,

je veux rire sans repos,

de peur que la maladie

un de ces jours ne me die,

me happant à l'imprévu :

«meurs, galant, c'est trop vécu!

 

analyse:

ce poème est composé de cinq strophes dont les quatre premières sont des huitains (c'est-à-dire composées de huit vers) et la dernière un sizain (six vers). ce qui fait trante-huit vers en tout.

il y a vingt rimes féminines et vingt rimes masculines ordonnée chaque fois deux par deux (mm - ff - mm - ff - etc.). ce sont donc des rimes plates. a la 3ème strophe, il y a deux rimes orphelines (et soin dessus soin accroître et a nous, qui seront peut-être). enfin, le poème est composé de trois rimes pauvres, neuf suffisantes et trois riches.

il y a un rejet. « bons dieux » à la 1ère strophe au 6ème vers. il a fais se rejet car c'est un cris violent dans le quel il acclame dieu.

pour les allitérations, c'est le son « s » dans le 2ème paragraphe, la « f » et la « t » dans le 3ème, la « qu » dans le 4ème et enfin c'est « s » et « r » dans le dernier et au niveau des assonances c'est le son « ai » et « er » dans la 1ère strophe, le « ou » dans la 2ème, à nouveau le « ai » dans le 3ème et 4ème avec en plus le « o » et dans le dernier le son « e ».

il n'y a aucune comparaison et concernant les métaphores il n'y en a que 3 :

  • dans le premier paragraphe au 1er ver  il y avait « l'esprit tout ennuyé ».
  • au 7ème ver « collés sur un livre »
  • au 2ème paragraphe il y a « victimes de l'orque noir » au 6ème ver, qui signifie « la mort ».

en analysant plus profondément mon poème et sachant que pierre de ronsard était malade j'ai pensé qu'il voulait dire de profiter de la vie au maximum avant de mourir de sa maladie qui pouvait mettre fin à sa vie à n'importe qu'el moment. il dit d'arrêter de travailler et de faire que se qu'on aime.

La Fontaine
proposé par Thibault, Giuseppe, Saskia

Jean de La Fontaine est né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry. Il est mort le 13 avril 1695 à Paris. C'est un  poète et romancier  français qui a étudie surtout le latin jusqu'en 3ème à Château-Thierry.

Il se marie en 1647 avec Marie Héricart. En 1654 il publie son premier texte et en 1658 il entre au service de Nicolas Fouquet, qui fut son mécène jusqu'en 1661. En 1662 Fouquet se fait arrêter par Louis XIV.

En 1663, La Fontaine a un enfant avec Marie. En 1664, il passe au service de la duchesse d'Orléans. Il commence à devenir connu en écrivant Joconde, car ce conte a fait l'objet d'un débat par rapport à la liberté du conteur de s'éloigner du texte à sa guise. Bouillon l'avait traduit presque mot pour mot mais La Fontaine s'en éloigne à plusieurs reprises. C'est La Fontaine qui sort vainqueur.

Après ça, il devient ami avec Molière,  Boileau et Racine. Quand la duchesse d'Orléans meurt en 1672, La Fontaine est pris au dépourvu. Il trouve quand même une dame qu'il peut servir, la duchesse de Sablier. Il meurt en 1695.

 

Le corbeau et le renard

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

Maître Renard, par l'odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

"Hé ! bonjour, monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois."

A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie ;

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute :

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "

Le Corbeau, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

 

Cette fable est un poème narratif bref qui se termine par une morale et qui met en scène deux animaux : le Corbeau et le Renard. Le langage est simple et imagé. C'est un genre rustique et populaire. Ce texte est formé de rimes croisées :ché et ang et de rimes plates :beau,ois,oie,eur,oute et us,les deux types de rimes alternent. Le poème est composé de quatre parties. dans la première, le poète il présente les personnages et l'objet de l'action : le fromage. dans la seconde, l'action se développe. Ensuite, il y a la moral du renard et pour terminer la réflexion du Corbeau. le discours est toujours direct pour le Renard et indirect pour le Corbeau, ce dernier n'a pas droit à la parole.

 

Le Loup et l'Agneau

la raison du plus fort est toujours la meilleure :

nous l'allons montrer tout à l'heure.

un agneau se désaltérait

dans le courant d'une onde pure.

 un loup survient à jeun qui cherchait aventure,

et que la faim en ces lieux attirait.

qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

dit cet animal plein de rage :

tu seras châtié de ta témérité.

-sire, répond l'agneau, que votre majesté

ne se mette pas en colère ;

mais plutôt qu'elle considère

 que je me vas désaltérant

dans le courant,

plus de vingt pas au-dessous d'elle,

et que par conséquent, en aucune façon,

je ne puis troubler sa boisson.

-tu la troubles, reprit cette bête cruelle,

 et je sais que de moi tu médis l'an passé.

-comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?

reprit l'agneau, je tette encor ma mère.

-si ce n'est toi c'est donc ton frère.

-je n'en ai point. -c'est donc quelqu'un des tiens :

car vous ne m'épargnez guère

vous, vos bergers, et vos chiens.

on me l'a dit : il faut que je me venge.

là-dessus, au fond des forêts

le loup l'emporte, et puis le mange

sans autre forme de procès.

 

Il s'agit d'une fable composée de 29 vers de toute sorte : il y a neuf alexandrins, treize octosyllabes, deux heptasyllabes, quatre décasyllabes et un quadrisyllabe. il y a aussi cinq rimes plates, deux rimes croisées, deux rimes embrassées et une rime redoublée. on y trouve des rimes féminines et quatorze masculines. des allitérations en r, en t et en l qui expriment la force du loup. il y a des assonances en e, en é et en an qui expriment la douceur de l'agneau. j'ai trouvé des rimes riches et suffisantes. on peut y trouver un rejet au 21ème vers et un contre-rejet au 23ème vers. dans cette fable il utilise des animaux pour montrer que l'homme cherche des prétextes pour accuser les autres. l'agneau a par trois fois raison des fausses accusations du loup (quand il trouble sa boisson, quand il médit du loup, quand il a un frère). le loup s'énerve et lui dit que quelqu'un (on) lui a dit de se venger. mais ce on n'est autre que lui-même.

 

la cigale et la fourmi

la cigale, ayant chanté
tout l'été,
se trouva fort dépourvue
quand la bise fut venue.
pas un seul petit morceau
de mouche ou de vermisseau.
elle alla crier famine
chez la fourmi sa voisine,
la priant de lui prêter
quelque grain pour subsister
jusqu'à la saison nouvelle.
« je vous paierai, lui dit-elle,
avant l'août, foi d'animal,
intérêt et principal. »
la fourmi n'est pas prêteuse ;
c'est là son moindre défaut.
« que faisiez-vous au temps chaud ?
dit-elle à cette emprunteuse.
--nuit et jour à tout venant
je chantais, ne vous déplaise.
--vous chantiez ? j'en suis fort aise.
eh bien ! dansez maintenant. »

jean de la fontaine
fables, livre i (1668)

 

analyse du poème

il s'agit d'une fable qui contient une seule strophe et 23 vers .les 14 premiers vers sont des rimes plates de 7syllabes à part au deuxième vers et au quatrième vers de 4 syllabes. les 8 autres vers sont des rimes embrassées. il a plus de rimes pauvres que de rimes embrassées et aussi plus de rimes féminines que de rimes masculines. pour les assonances il y en a en é/u/a/ou/o et en an/en et pour les allitérations il en a en t/r/s/l/p/n et en pr

Jacques Brel
proposé par Adeline et Laurène

Biographie

Jacques Brel est né le 8 avril 1929 en Belgique. Peu intéressé par l'école sauf par les cours de français, il fait du théâtre en amateur. Son père (Romain) veut le faire entrer dans l'entreprise familiale, mais Brel, lui, veut soit devenir éleveur de poules soit chanteur. Il devient chanteur.

Il a eu 3 filles. Il était très fort en poésie. D'ailleurs, ses chansons étaient toutes écrites sous forme de poème. La chanson "Quand on n?a que l'amour" a gagné le grand prix de l'Académie de Charles Cros. Brel devient très connu à partir de ce moment-là. Après 15 ans de concerts, il arrête la chanson et s'attaque au cinéma. Il tourne par la suite dans plusieurs films. Il arrête tout et part en voilier avec une femme qu'il avait connue lors d'un tournage. Mais il avait déjà un cancer du poumon, alors il décide de se retirer aux Iles Marquises. Il revient à Paris où il enregistre son dernier album, qui sera très émotionnel étant donné ses conditions de vie difficiles. La chanson "les Marquises" clôt l'album. Il retourne aux Iles Marquises, où son cas s'aggrave. Il retourne à nouveau à Paris où pour le plus grand désespoir de ses fans, il meurt le 9 octobre 1978 à 49 ans seulement. Il repose désormais dans un cimetière aux Iles Marquises.

Laurène

  • Quand on n'a que l'amour

Quand on n'a que l'amour 

à s'offrir en partage

Au jour du grand voyage

Qu'est notre grand amour

Quand on n'a que l'amour

Mon Amour toi et moi

Pour qu'éclatent de joie

Chaque heure et chaque jour

Quand on n'a que l'amour

Pour vivre nos promesses

Sans nulle autre richesse

Que d'y croire toujours

Quand on n'a que l'amour

Pour meubler de merveilles

Et couvrir de soleil

La laideur des faubourgs

Quand on n'a que l'amour

Pour unique raison

Pour unique chanson

Et unique secours

Quand on n'a que l'amour

Pour habiller matin

Pauvres et malandrins

De manteaux de velours

Quand on n'a que l'amour

À offrir en prière

Pour les maux de la terre

En simple troubadour

Quand on n'a que l'amour

À offrir à ceux-là

Dont l'unique combat

Est de chercher le jour

Quand on n'a que l'amour

Pour tracer un chemin

Et forcer le destin

À chaque carrefour

Quand on n'a que l'amour

Pour parler aux canons

Et rien qu'une chanson

Pour convaincre un tambour

Alors sans avoir rien

Que la force d'aimer

Nous aurons dans nos mains

Amis le monde entier

Un peu de vocabulaire: le mot faubourg signifie la banlieue, ce qui est autour de la ville. Malandrin signifie bandit, voleur. Troubadour quant à lui désigne un poète au Moyen-Age.

Analyse du poème :

L?écrivain de ce poème en est également le chanteur. Jacques Brel s?adresse donc aux auditeurs, aux lecteurs et encore aux politiciens puisqu?il parle surtout de la guerre mais aussi de l?après-guerre. Cependant, c?est un poème écrit sous la forme d?une balade amoureuse, avec le thème de l?amour qui surmonte la guerre en premier plan.

Le poème est formé de 11 quatrains dont les vers ont 6 pieds. Ce sont des rimes embrassées (abba ; acca ; adda comme on le voit dans cet exemple: amour ; partage ; voyage ; amour) sauf les dernières qui sont des rimes croisées (gjgj).

On trouve des allitérations en « t » qui imitent le bruit de la mitraillette. Des autres en « Q » et en « C » qui symbolisent des coups de canons. Ou encore en « M » et en «R » pour montrer un certain amour. On trouve des assonances en « A » pour également montrer cet amour.

Analyse par strophe:

1.Beaucoup de rimes en A/M/R signifiant l?amour. 2. Il y a une métaphore : « écarlate » qui se réfère à la guerre, aux coups de canons. 3. Rimes en A/M/R qui signifie un engagement, des promesses d?amour et de paix. 4. Il y a une métaphore : "meubler de merveilles "et « couvrir de soleil » se référant à la paix. 5. Il montre que l?amitié est le seul moyen 6. contre la guerre. 7. Il montre que l?amour peu surmonter la guerre en implorant le ciel. 8. Il y a une métaphore : « chercher le jour » qui se réfère à l?arrêt de la guerre. 9. Il y a une métaphore : « tracer un chemin » et « forcer le destin » se réfèrant à à un certain espoir. 10. Il y a aussi une métaphore : « parler aux canons » et « convaincre un tambour » qui signifie la guerre. 11. Il y a une métaphore : « dans nos mains, amis le monde entier » se réfèrant à la paix dans le monde.

Adeline:

  • NE ME QUITTE PAS (1959)

 Ne me quitte pas

Il faut oublier

Tout peut s?oublier

Qui s?enfuit déjà

Oublier le temps

Des malentendus

Et le temps perdu

A savoir comment

Oublier ces heures

Qui tuaient parfois

A coups de pourquoi

Le coeur du bonheur

Ne me quitte pas (4 fois)

Moi je t?offrirai

Des perles de pluie

Venues de pays

Où il ne pleut pas

Je creuserai la terre

Jusqu?après ma mort

Pour couvrir ton corps

D?or et de lumière

Je ferai un domaine

Où l?amour sera roi

Où l?amour sera loi

Où tu seras reine

Ne me quitte pas (4 fois)

Je t?inventerai

Des mots insensés

Que tu comprendras

Je te parlerai

De ces amants -là

Qui ont vu deux fois

Leurs coeurs s?embraser

Je te raconterai

L?histoire de ce roi

Mort de n?avoir pas

Pu te rencontrer

Ne me quitte pas

On a vu souvent

Rejaillir le feu

D?un ancien volcan

Qu?on croyait trop vieux

Il est paraît-il

Des terres brûlées

Donnant plus de blé

Qu?un meilleur avril

Et quand vient le soir

Pour qu?un ciel flamboie

Le rouge et le noir

Ne s?épousent-ils pas

Ne me quitte pas (4 fois)

Je ne vais plus pleurer

Je ne vais plus parler

Je me cacherai là

A te regarder

Danser et sourire

Et à t?écouter

Chanter et puis rire

Laisse-moi devenir

L?ombre de ton ombre

L?ombre de ta main

L?ombre de ton chien

Ne me quitte pas (4 fois)

Analyse du poème :

Dans le premier couplet, il est question du temps. Brel semble obsédé par le temps : « Oublier le temps des malentendus Et le temps perdu [?] Oublier ces heures » Dans le deuxième couplet, il parle des éléments naturels : eau, terre, mais aussi lumière   « Moi je t?offrirai des perles de pluie Venues de pays où il ne pleut pas ». Il est prêt à faire l?impossible pour elle, cette femme qu'il aime.

Le troisième couplet parle de langage, des histoires, des mots : « je t?inventerai des mots insensés Que tu comprendras ». Même si les mots qu?il lui dit n?ont pas de sens, elle les comprendra, car ce sont des mots d?amour.

Dans le quatrième couplet, il utilise l?image du feu pour parler de son amour pour elle et qu?elle ne partage plus avec lui:  « On a vu souvent rejaillir le feu D?un ancien volcan qu?on croyait trop vieux » Ils pensaient que leur amour allait disparaître, mais la passion a chaque fois pris le dessus.

Dans le dernier couplet, Jacques Brel parle d?eux, qu?ils doivent rester ensemble :      « Laisse moi devenir l?ombre de ton ombre L?ombre de ta main, l?ombre de ton chien"

Mais il y eut plusieurs versions, on dit aussi que cette chanson, Brel l?a faite pour dénoncer la lâcheté des hommes.

Structure :

a) Si le refrain compte pour une strophe à part : 10 strophes. b) Si ça compte avec le couplet, il y en a seulement 5. a) Il y a 5 strophes de 12 vers et les autres de 5 vers. b) Il y a 16 vers. J?ai compté 5 syllabes par vers ; Ne/me/qui/tte/pas. Il y a des rimes embrassées et d?autres suivies. Il y a plus de rimes masculines que féminines.

Sources : fascicule de français 8ème année.

Charles Baudelaire
proposé par Audrey, Irina et Charlotte

Biographie 

Charles Baudelaire naît le 9 avril 1821. Son père meurt quand Charles a 6 ans. Un an plus tard, sa mère se remarie. Charles déteste son beau-père, qui représente pour lui un obstacle à tout ce qu?il aime.

Sa mère et son beau-père veulent qu?il devienne ambassadeur, mais lui n?a qu?un rêve rebelle : devenir poète. Son beau-père l?envoie aux Indes, mais Charles s?enfuit du bateau qui l?y emmène.

De retour à Paris, il rencontre celle qui deviendra sa muse : Jeanne Duval. Il réclame l?héritage de son père dont il reçoit une partie. Il dépense cet argent tellement vite que sa famille le place sous tutelle judiciaire. Fasciné par le monde des alcooliques et des prostitués, il imagine un grand recueil de poèmes dans lequel il pourrait exprimer la laideur de ce qui l?entoure. Celui-ci, appelé « Les Fleurs du Mal » parait en 1857 en 500 exemplaires. Il est tout de suite retiré de la vente. Charles se sent maudit.

Vers 1860, il est atteint par la syphilis (MST). Pour échapper à l?enfer de sa vie, il consomme de l?opium. Il décrit les effets de cette drogue dans le recueil « Paradis artificiel ». Il meurt de la syphilis le 31 août 1867 et est enterré le 2 septembre au cimetière de Montparnasse.

Après sa mort, son héritage littéraire est mis aux enchères. Michel Levy (éditeur) l?achète pour 1750 anciens francs.

En 1868, on publie « le Spleen de Paris », aussi appelé « Petits poèmes en prose », à titre posthume.

Abandonnant le vers traditionnel, Charles Baudelaire est devenu malgré lui le père de la poésie moderne ouvrant la voie à des poètes tels que Rimbaud ou Verlaine.

Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l?esprit gémissant en proie aux longs ennuis,

Et que de l?horizon embrassant tout le cercle

Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

 

Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l'espérance, comme une chauve-souris,

S'en va battant le mur de son aile timide

Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

 

Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D'une vaste prison imite les barreaux,

Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées

Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

 

Des cloches tout à coup sautent avec furie

Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,

Ainsi que des esprits errants et sans patrie

Qui se mettent à geindre opiniâtrement

 

Et de longs corbillards sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme ; l'espoir,

Vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Analyse du poème

Ce poème est formé de cinq quatrains, c?est-à-dire que chaque strophe est formée de quatre vers. Ceux-ci sont en alexandrins. Les rimes sont embrassées. Il y en a autant de masculines que de féminines.

Dans les 3 premiers quatrains, on pose le décor : un ciel bas et lourd, une terre humide et la pluie. On essaie de montrer une vision de cauchemar qui représente l?âme mélancolique du poète: ciel bas et lourd // pèse comme un couvercle // cachot humide // plafonds pourris // ? Et aussi, les allitérations en « k », en « l » et « r », comme « couvercle », « hurlement », ?

L?espérance et l?angoisse se battent. C?est une bataille sans merci qui débouche sur la victoire de l?angoisse : Baudelaire est vaincu.

L?angoisse est représentée par le ciel bas et lourd puis par la pluie. L?espérance est représentée par une chauve-souris qui est un animal aveugle : le combat est perdu d?avance.

Le ciel bas et lourd représente aussi l?air lourd avant un orage.

La mort est représentée par :

- « Pèse comme un couvercle » : le couvercle d?un tombeau.

- « De longs corbillards » : préparation à l?enterrement.

- « Peuple muet » : peuple mort.

La terreur est représentée par : « Gémissant, furie, affreux hurlement, vaincu, atroce, despotique, ?

Charles Baudelaire utilise les craintes réelles de l?homme pour accentuer sa tristesse.

L?image finale est la victoire de l?angoisse, qui plante son drapeau noir, signe de victoire, sur le crâne incliné du poète, signe de mort ou de soumission.

L'horloge

horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,

 dont le doigt nous menace et nous dit: "souviens-toi!

les vibrantes douleurs dans ton coeur plein d'effroi

se planteront bientôt comme dans une cible;

 

le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon

 ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;

chaque instant te dévore un morceau du délice

 a chaque homme accordé pour toute sa saison.

 

trois mille six cents fois par heure, la seconde

chuchote: souviens-toi! - rapide, avec sa voix

d'insecte, maintenant dit: je suis autrefois,

et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

 

remember! souviens-toi! prodigue! esto memor!

(mon gosier de métal parle toutes les langues.)

les minutes, mortel folâtre, sont des gangues

qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!

 

souviens-toi que le temps est un joueur avide

qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.

le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!

le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

 

tantôt sonnera l'heure où le divin hasard,

où l'auguste vertu, ton épouse encor vierge, 

où le repentir même (oh! la dernière auberge!),

où tout te dira meurs, vieux lâche! il est trop tard!"

Analyse du poème

ce poème est formé de quatrains, c'est-à-dire de quatre vers, qui sont eux-mêmes des alexandrins contenant chacun douze pieds. il n'y a que des rimes embrassées, il y a autant de rimes masculines que féminines, ce qui souligne le balancement qui rappelle le tic-tac d'une horloge, de même que les vingt-quatre vers du poème rappellent les vingt-quatre heures de la journée.

le tout est d'ailleurs essentiellement consacré au temps, et l'on voit qu'il s'agit d'une des préoccupations premières du poète, qui l'angoisse tout particulièrement.en montrant que le plaisir est rongé par le temps qui passe et qu'il nous rappelle que nous sommes éphémères, baudelaire souligne que l'on ne peut vivre en paix, il effleure également l'idée de profiter de chaque seconde, et il rappelle que l'on ne peut lutter contre le temps, quoi que l'on fasse, il gagne toujours. enfin, dans le dernier quatrain, c'est le moment qui précède la mort et on remarque que notre vertu est vierge, inentamée, alors on se repentis mais il est bien trop tard.

L'Ennemie 

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,

traversé çà et là par de brillants soleils ; 
le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, 
qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

voilà que j'ai touché l'automne des idées, 
et qu'il faut employer la pelle et les râteaux 
pour rassembler à neuf les terres inondées, 
où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve 
trouveront dans ce sol lavé comme une grève 
le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

ô douleur ! ô douleur ! le temps mange la vie,
et l'obscur ennemi qui nous ronge le cour
du sang que nous perdons croît et se fortifie !

Analyse du poème 

ce poème est un sonnet suivant la forme : abab-abab-ccd-ede. charles baudelaire use d'ailleurs souvent de cette forme dans les fleurs du mal.
l'ennemi, le titre du poème, représente le temps qui est pour le poète source d'angoisse consciente du temps qui passe.

ce poème s'articule autour d'une métaphore filée sur le thème des saisons et du climat : orage, soleils, l'automne, fleurs. etc

le poète s'implique directement dans cette description et c'est de sa vie dont il décrit les étapes. 
la "jeunesse" (vers 1) du poète (premier quatrain) est comparée à un été bouleversé par les intempéries : "ténébreux orage" (vers 1) et "le tonnerre et la pluie" (vers 2).

ces premières années de vie se sont construites en ombres et lumières ("çà et là", "ténébreux", "brillant"), tantôt emplies d'élans d'espoir, mais vite accablées par le poids du spleen. 
 
le "jardin" (vers 4) est en fait le symbole des souvenirs et de la mémoire de cette période tumultueuse, mais c'est aussi le constat du travail accompli.

Biographie de Paul Verlaine
proposé par Marina, Anne et Thomas

Paul-Marie Verlaine est né le 30 mars 1844 à Metz. Son père s'appelait Nicolas-Auguste et sa mère Elisa-Stéphanie Dehée. Ce poète vivait dans une famille bourgeoise et aisée qui déménagea à Paris en 1849.

Entre 1862 et 1864, bien que bachelier des lettres à seulement 18 ans, il passe la plupart de son temps dans les bars et fréquente des poètes. Il renonce à ses études pour travailler. Avec son ami Edmond Lepelletier, il fréquente le salon de la marquise de Ricard et rencontre chez elle les premiers Parnassiens et Alphonse Lemerre qui a été son premier éditeur. Le premier poème de verlaine publié est « Mr Prudhomme » dans la revue d'un ami Louis-Xavier de Ricard: la revue du progrès.

A vingt-deux ans, Verlaine a publié sept poèmes dans le Parnasse contemporain, puis sa première plaquette à compte d'auteur chez Lemerre : « poèmes saturniens ». Mias en 1867, Elisa meurt à l'âge de 32 ans, ce qui provoque le refuge de Verlaine dans l'alcool. Début juillet, il était en état d'ivresse, quand il tente deux fois de tuer sa mère en quelques jours.

En août 1871, il se réfugie dans la famille de sa femme Mathilde et il demande à Rimbaud de l'y rejoindre. Les deux poètes « copinèrent » et fréquentèrent les bars ensemble, mais ils se disputaient souvent. A la suite de cela, Verlaine replonge dans l'alcool. L'année 1872 fut mouvementée en séparations et en remises en couples, plusieurs fois Verlaine se remit avec Rimbaud et plusieurs fois avec Mathilde, mais Verlaine finit par lui préférer Rimbaud. L'année suivante, à la suite d'une dispute, ils se séparèrent. Plus tard, Verlaine, en état d'ivresse tira sur Rimbaud et le blessa légèrement au poignet. Mais le 8 août, il est condamné à deux ans de prison à Bruxelles, et à 200 francs d'amende. Verlaine sort de prison le 16 janvier 1875 pour bonne conduite.

En 1882, Verlaine voulut retourner dans le milieu littéraire et mais on ne l'accepta pas parce qu'une expertise médico-légale qui se fit en 1873 démontrait qu'il était homosexuel.

En 1885, il tente d'étrangler sa mère. Le 24 mars, il est condamné à un an de prison pour avoir donner des coups, avoir fait de nombreuses blessures à sa mère et pour l'avoir menacée de mort. Après avoir perdu son héritage, Verlaine perdit son héritage et fit son 1er séjour à l'hôpital. Il en fera de nombreux tout au long de la fin de sa vie (donc de 1886-1896).

Lors de l'année 1891, le 10 novembre, Rimbaud meurt à Marseille. Il avait 52 ans.

En août de l'année 1894, Verlaine est élu Princes des poètes.

Mon rêve familier

je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

d'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime

et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

car elle me comprend, et mon coeur, transparent

pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème

pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

est-elle brune, blonde ou rousse ? - je l'ignore.

son nom ? je me souviens qu'il est doux et sonore

comme ceux des aimés que la vie exila.

son regard est pareil au regard des statues,

et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

l'inflexion des voix chères qui se sont tues.

 Mon rêve familier est un poème tiré du recueil « poèmes saturniens », c'est aussi son premier recueil à titre d'auteur. verlaine crée ce poème en 1866 analyse grammaticale et le sens général dans ce poème, l'auteur idéalise une femme qui deviendrait sa compagne, mais qui n'existe pas. dans ce poème, on retrouve beaucoup dallitérations en r ; on retrouve aussi quelques allitérations en j dans le 1er quatrain et le 1er tercet ; dans les quatrains il y a quelques allitérations en f et m (en sachant que dans les tercets on en retrouve une ou deux) et dans les « rimes b» (en sachant que les rimes de ce poème sont en abba/abba/ccd/ede) , on y voit énormément d'allitérations en s. pour les comparaisons, on en a une dans le 1er tercet : 2ème -3ème ligne et dans le 2ème tercet à la 1ère ligne. dans le 1er quatrain, c'est une image imprécise d'un rêve d'une femme ;dans le 2ème quatrain, c'est une impression que verlaine ne peut pas oublier cette femme qui lui ressemble et sait le comprendre ; dans le 1er tercet, on sent que verlaine se pose des questions sur cette femme si chaleureuse à ses yeux ; dans le 2ème tercet, on peut comprendre que cette femme reste insensible aux compliments de verlaine. pour les rimes, on en trouve plus de féminines que de masculines, sûrement pour faire ressortir cette femme bien-aimée, 2 rimes riches et 4 rimes suffisantes. dans les quatrains, ce sont des rimes embrassées et dans les tercets une rime plate et une rime croisée. ce poème, qui est un sonnet, contient : 4 strophes 14 versets 12 pieds par versets, c'est donc un poème en alexandrins 2 quatrains 2 tercets

 

Il pleure dans mon c?ur

iI pleure dans mon c?ur

comme il pleut sur la ville ;

quelle est cette langueur

qui pénètre mon c?ur ?

ô bruit doux de la pluie

par terre et sur les toits !

pour un c?ur qui s'ennuie,

ô le chant de la pluie !

il pleure sans raison

dans ce c?ur qui s'écoeure.

quoi ! nulle trahison?...

ce deuil est sans raison.

c'est bien la pire peine

de ne savoir pourquoi

sans amour et sans haine

mon c?ur a tant de peine

 

Ce poème est formé de 4 quatrains donc de 4 vers par strophe contenant chacun 6 pieds. il y a aussi une rime orpheline qui est la deuxième de la première strophe.

Paul verlaine évoque la tristesse par un champ lexical très dur comme les mots : haine, deuil, peine, trahison, pluie [la pluie peut faire penser aux larmes].il veut faire ressortir la douleur que l'on pourrait ressentir durant un coup de blues ou lorsqu'on se sent délaissé !

En conclusion, ce poème est très touchant et en cas de tristesse on peut s'y reconnaître ! ce poème montre bien que la vie est tout sauf une petite balade tranquille.

Chanson d'automne

Les sanglots longs

des violons

de l'automne

blessent mon coeur

d'une langueur

monotone

 

tout suffocant

et blême, quand

sonne l'heure,

je me souviens

des jours anciens

et je pleure

 

et je m'en vais

au vent mauvais

qui m'emporte

deçà, delà,

pareil à la

feuille morte.

 

Ce poème est composé de 3 strophes qui ont chacune 6 vers sauf les vers 3 et 6 qui n'en ont que 3. il y a plus de rimes masculines que de féminines. On trouve une comparaison (pareil à la feuille morte.) Dans la première strophe il parle de l'automne. Dans la deuxième strophe il parle de la souffrance d'une âme nostalgique (Je me souvient des jours anciens et je pleur) Dans la troisième strophe il parle de la dernière heure : la mort.

Victor Hugo
proposé par Rachel et Jeanne
  • Victor Hugo 

Victor Hugo est né le 26 février 1802 à Besançon en France.

Sa jeunesse s?est passée à Paris où il s?est élevé seul avec ses deux frères car sa maman, Sophie Trébuchet, était insouciante et son papa, Léopold Hugo, les avait abandonnés. Il y a rencontré Adèle Foucher qu?il épouse plus tard. Le poète a écrit dans un journal qu?il voulait être Chateaubriand ou rien. Son premier recueil était intitulé « Odes », mais sa gloire est venue de l?écriture de « Cromwell », un drame en vers.

Durant cette période, la vie de l?écrivain a été teintée de malheurs (sa maman est morte ainsi que son premier fils et son frère a sombré dans la folie) mais aussi de bonheurs (il a publié «Notre-Dame de Paris » et ses quatre autres enfants sont nés).

Après avoir postulé à l?académie, il est exilé à cause de sa résistance face à Napoléon III et cela a duré dix-neuf ans. Durant cette période, le célèbre auteur a écrit « Les Misérables » et a trompé sa femme avec Juliette Drouet. Son ancienne compagne est morte et a été enterrée aux côtés de sa fille Léopoldine.

A son retour en France, ses fils sont morts et le poète a pris en charge ses petits enfants. Sa fille Adèle, seule à lui survivre, a été internée. Le jour de son 80ème anniversaire, un grand hommage lui a été rendu: 600'000 personnes ont défilé devant chez lui. L?année suivante, Juliette Drouet meurt mais elle est restée sa compagne jusque là.

Le 15 mai 1885, Victor Hugo est victime d?une congestion pulmonaire et meurt le 22 mai.

Ce poète a continué d?écrire jusqu?à sa mort - ce qui est rare - et l?ensemble de ses poèmes représente 420 ?uvres réparties en 22 recueils.

  • Demain, dès l?aube?

Demain, dès l?aube, à l?heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m?attends.

J?irai par la forêt, j?irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l?or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j?arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

  • Analyse du poème

C?est un poème lyrique écrit par Victor Hugo quatre ans après le décès de sa fille (le 3 Septembre 1847), noyée dans la Seine avec son mari, à Villequier. Le texte parle du pèlerinage que l'écrivain fait chaque année en mémoire de sa fille Léopoldine, du Havre à Villequier (Environ 40 Km). 

Le poème est construit en trois mouvements : son départ, son recueillement et son arrivée. Au début, on a l?impression que c?est plutôt une randonnée du poète qui va retrouver sa belle, mais la strophe finale dévoile que c?est à la tombe de sa fille qu?il va. Sa tristesse est grande, il a arrêteé d?écrire durant trois ans et les mots qu?il utilise sont : v. 7 : seul, inconnu v. 8 : triste, nuit v. 11 : tombe Si l?on retrace son parcours, on peut voir qu?il part le matin : Demain, dès l?aube, qu?il arrivera en fin de journée : Le soir. Ces deux moments ont une métaphore chacune : pour le matin : à l?heure où blanchit la campagne, et pour le crépuscule : l?or du soir qui tombe. Il y a une comparaison : comme la nuit et les verbes sont tous mis au futur, probablement pour montrer un esprit de volonté, de détermination. L?expression « les yeux fixés sur mes pensées » veut dire qu?il ne pense qu?a sa fille et qu?elle lui manque, il ne se laisse pas distraire par le paysage : « sans rien voir, sans entendre» Ce sont toutes des rimes croisées et il y a un nombre égal de rimes féminines et de masculines. Il n?y a pas d?assonances mais des allitérations en /s/ dans le deuxième quatrain et en /r/ partout, probablement pour rappeler la sonorité du verbe partir. D'ailleurs, le rejet : Je partirai indique la même idée.

C?est un poème de 3 quatrains de 12 vers en alexandrins, donc de forme assez simple mais Victor Hugo a été un des plus grands auteurs romantiques de son époque et ce poème pour moi est très beau et très fort !

 

  • La Lune

Jeanne songeait, sur l'herbe assise, grave et rose ;
Je m'approchai : - Dis-moi si tu veux quelque chose,
Jeanne ? - Car j'obéis à ces charmants amours,
Je les guette, et je cherche à comprendre toujours
Tout ce qui peut passer par ces divines têtes.
Jeanne m'a répondu : -Je voudrais voir des bêtes.
Alors je lui montrai dans l'herbe une fourmi.
Vois ! - Mais Jeanne ne fut contente qu'à demi.
- Non, les bêtes, c'est gros, me dit-elle.

Leur rêve,
C'est le grand. l'océan les attire à sa grève,
Les berçant de son chant rauque, et les captivant
Par l'ombre, et par la fuite effrayante du vent ;
Ils aiment l'épouvante, il leur faut le prodige.
- Je n'ai pas d'éléphant sous la main, répondis-je.
Veux-tu quelque autre chose ? ô jeanne, on te le doit !
Parle. - Alors Jeanne au ciel leva son petit doigt.
- Ca, dit-elle. - C'était l'heure où le soir commence.
Je vis à l'horizon surgir la lune immense.

Victor Hugo, l'Art d'être Grand-père.

  • Analyse du poème

Ce poème qui parle de la petite fille de Victor Hugo est empli d'admiration pour les enfants et leur émerveillement vis-à-vis de toute chose, de curiosité pour tenter de les connaître et de l'amour d'un grand-père pour sa petite fille.

Dans la première strophe, le poète observe Jeanne, sa petite-fille, qui réfléchit, et grâce aux mots « grave et rose » on comprend qu'elle pense et qu'elle est attentive à quelque chose. Les allitérations en « m » et en « r » et les assonances en « a » laissent comprendre qu'il l'admire. Lorsque Jeanne prétend que « les bêtes, c'est gros », le poète rebondit là-dessus pour commencer la deuxième strophe en parlant des enfants en général, qui sont représentés dans la deuxième strophe par « leur, les, ils ». Victor Hugo décrit dans les quatre premiers vers l'attirance des enfants pour ce qui est grand et impressionnant, tout cela étant représenté par l'océan qui, à cause des deux métaphores « les attire » et « son chant rauque », semble presque conscient et d'autant plus effrayant. Dans le cinquième vers, il dit précisément ce qu'il avait suggéré auparavant. Ensuite, il reprend le dialogue avec Jeanne, et par les deux dernier vers, il ajoute que pour les enfants, rien ne semble impossible.

Dans tout le poème, on sent une nostalgie de cet âge de la part du poète et le poète fait passer plusieurs messages différents mais tous en rapport avec les enfants.

Arthur Rimbaud
proposé par Margaux,Raphaël,Jérémie

Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville et est mort le 10 novembre 1891 à Marseille. Il a quatre frères et s?urs.

Son père abandonne sa mère qui les élève toute seule. En 1870, il se lie d?amitié avec son professeur de rhétorique, George Izambard, homme de gauche, qui lui prête de nombreux livres notamment les Misérables de Victor Hugo,il lui fait découvrir Rabelais et Théodore de Banville.                             

Il a fugué plusieurs fois dont une à Paris. Un an plus tard, il correspond avec Paul Verlaine qui va l?héberger chez lui malgré l?opposition de Mathilde, la femme de ce dernier. Quelque temps plus tard, Rimbaud devient l?amant de Verlaine. Leur liaison va durer deux ans. Un jour, Verlaine, ivre, tire sur Rimbaud qui menace de le quitter et le touche au poignet. Ce jour-là, Rimbaud se sent plus blessé moralement que physiquement. Il voyage en Afrique et écrit de nombreux poèmes. En 1879, la fièvre l?oblige à revenir en France. Une fois guéri, il voyage à nouveau en Afrique. En Ethiopie, il devient commerçant. Mais cette vie l?ennuie. En 1891, il souffre du genou et rentre à Marseille. On lui découvre une tumeur cancéreuse et il est amputé d?une jambe. Il meurt à l?âge de trente-sept ans et est enterré à Charleville.

"Sensation"

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,                                                 

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :                                                        

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.                                                      

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :                                                           

Mais l'amour infini me montera dans l'âme,                                                         

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,                                                      

Par la nature, heureux comme avec une femme

                          

Analyse du poème "sensation"

Le poème est composé de 2 quatrains, les vers ont 12 pieds, donc se sont des alexandrins, se sont les plus nobles.                                                                    Le poème a des rimes croisées c?est-à-dire : A/B/A/B et C/D/C/D pour le mien, ses rimes sont aussi des rimes suffisantes, et pour finir avec les rimes il en a le même nombre de féminines que de masculines. Il a des allitérations en r/s/t et m mais aussi des assonances en i/é et un. Il y a des comparaison (comme un bohémien)et (comme avec une femme).                                                                             Dans son poème Arthur Rimbaud essaye de décrire des sensations comme indique le titre, dans le premier quatrain on pourrait dire qu?il décrit ou qu?il essaye d?expliquer la liberté, dans le 2ème il décrit la satisfaction notamment dans le dernier vers(Par la Nature, heureux, comme avec une femme).

 

"Le mal"

tandis que les crachats rouges de la mitraille

sifflent tout le jour, par l'infini du ciel bleu ;

qu'écarlates ou verts, près du roi qui les railles,

croulent les bataillons en masse dans le feu ;

 

tandis qu'une folie épouvantable, broie

et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;

-pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,

nature ! ô toi qui fit ces hommes saintement ! ...-

 

-il est un dieu qui rit aux nappes damassées

des autels, à l'encens, aux grands calices d'or ;

qui dans le bercement des hosannah s'endort,

 

et se réveille, quand des mères, ramassées

dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,

lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Arthur Rimbaud, 1870

 

"Le Dormeur Du Val"

C'est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud, Octobre 1870

Analyse du poème

Ce sonnet est inspiré par la guerre de 1870. Rimbaud dresse un tableau coloré et vivant du combat et en fait ressortir toute l?horreur, sans jamais prononcer le mot ??mort??. Il y aune progression dramatique, le premier quatrain plante le décor plein de vie et de gaieté. Le deuxième nous présente au milieu de tout cela, un jeune soldat dormant, d?une pâleur inquiétante et anormale dans toute cette lumière et cette verdure. L?inquiétude grandit avec le premier tercet : le soldat sourit comme un enfant malade et a froid. Il ne participe pas é l?exubérance de vie qui l?entoure et même le soleil n?arrive pas à le réchauffer. Il ne réagit pas aux parfums de la nature, sa poitrine ne bouge plus. Et l?explication finale arrive, saisissante : il a deux trous rouges au côté droit, il est donc mort. C?est un sonnet libre composé de 4 strophes dont 14 vers en alexandrin, le 1er quatrain est composé de rimes riches et embrassées en ABBA, le 2ème quatrain est composé de rimes croisées et suffisantes en CDCD, les deux derniers tercets sont un peu compliqués. Les 2 premiers vers du premier tercet sont des rimes plates et suffisantes en E, le dernier vers du premier tercet et le dernier forment des rimes embrassées en FGGF, le F correspondant à des rimes suffisantes et le G à des rimes riches. Il y a plus de rimes féminines que de masculines. J?ai trouvé une assonance en [ã] et Rimbaud a voulu dire par la le fait d?atténuer le bruit de la rivière comme pour une allitération en [v] et en [r]. J?ai remarqué une comparaison « souriant comme sourirait un enfant malade » et une métaphore « il dort dans le soleil ».